Trikona asana 

  • 18 février 2026

Cette posture évoque une organisation ajustée des éléments du corps : hauteur des bras, écartement des pieds, degrés d’obliquité du buste en avant ; c’est une posture à trois angles. 

Du point de vue étymologie : tri =trois         kona =angle   asana : posture du triangle  

Le triangle est une figure universelle géométrique de la perfection symétrique, lien entre le ciel et la terre et est devenu le symbole de l’accomplissement spirituel. 

 

Technique : 

Trikona asana se dessine en position de départ debout, par un triangle équilatéral dont la base horizontale est l’espace entre les deux pieds, le sommet se situe au coccyx (chakra racine) qui est une véritable fondation. 

Le deuxième triangle est déterminé par un triangle inversé depuis le coccyx jusqu’au bout des doigts de mains par la position des bras écartés. L’écartement des pieds est identique à l’écartement des bras.   

Ces deux triangles servent de points d’appui pour le mouvement du buste en avant : premier temps de la posture. 

Le pratiquant réalise une flexion du buste en avant, exigeante dans sa forme. Elle débute par la poussée du coccyx vers l’arrière, portant le poids du corps sur les talons et s’accompagne, d’un mouvement d’extension du dos. Une position juste du buste est matérialisée par une ligne oblique vers l’avant depuis le coccyx jusqu’au sommet de la tête, les épaules restant plus hautes que le bassin.  

Puis retour à la position de départ et deuxième temps de la posture : inclinaison latérale par exemple du côté droit.

L’adepte s’incline en posant la main sur le pied de ce côté et en conservant le buste dans le même plan que le bassin, épaule droite sur une même ligne à la verticale du pied droit. A partir du pied, le thorax se déploie par le bras gauche en ouverture, dessinant avec le bras droit une ligne verticale, regard tourné vers la gauche.  

Au niveau symbolisme cet asana symbolise l’union des trois principes : Sat, l’existence, Cit, la connaissance et Ananda la félicité. 

Les mains représentent le ciel, le domaine spirituel et les pieds, le domaine matériel, la terre. Le yogi cherche à relier la terre (main sur le pied) au ciel (main tournée vers le haut). 

C’est une offrande faite au ciel à partir de l’ancrage des pieds au sol, équilibre parfait, sensation de libération et de légèreté. 

 « La matière fusionne avec la spiritualité » 

« toute dualité est anéantie » 

Sri Mahesh, Yoga et vie n°31 page 2 

Cette architecture du corps réalisée par les lignes dessinées dans l’espace s’inscrit dans une forme énergétique de yantra, reproduction d’une forme géométrique : c’est un chemin de recherche intérieure. La justesse de l’alignement est indispensable. Cette posture nous invite à une transformation intérieure : nous perdons une « assise « connue et rassurante pour chercher une autre forme : celle donnée par la découverte d’un autre plan inconnu, plan frontal, plan de l’inclinaison. 

C’est un chemin vers l’harmonie. Nous nous retrouvons face à cette incarnation géométrique de la perfection de la divinité présente en nous. 

« La pratique de cette posture, très simple nous permet de découvrir un monde inconnu à travers les trois aspects de notre conscience représentée par le triangle. »  

Yoga et Symbolisme, page 70 

« L’adepte qui maitrise cet asana réalise son unité avec l’âme universelle. » 

« L’homme et Dieu sont réunis dans cette posture »   

Shri Mahesh revue Yoga et Vie n°31 

 

Claudine Cornier 

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